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Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a présidé ce mardi une session de discussion de haut niveau en marge du Sommet « Africa Forward » qui se tient actuellement à Nairobi. Cette session a porté sur les moyens de renforcer les systèmes agricoles et alimentaires durables en Afrique.

Dès son intervention, Son Excellence le Président a remercié M. Jean-Michel de Servino pour son exposé pertinent et complet sur la construction de systèmes agricoles et alimentaires productifs, durables et résilients en Afrique, ainsi que sur les mécanismes de renforcement des partenariats nécessaires à la réalisation de cet objectif.

Il a expliqué que, malgré le fait de posséder plus de 60 % des terres arables non cultivées de la planète, le continent africain dépense encore environ 115 milliards de dollars par an en importations alimentaires. Il a considéré ce déséquilibre structurel, fondé sur l’exportation de matières premières et l’importation de produits manufacturés, comme une source de vulnérabilité économique et une menace directe pour la sécurité alimentaire et sanitaire du continent.

Son Excellence le Président de la République a souligné que transformer le potentiel agricole de l'Afrique en un véritable moteur de souveraineté alimentaire exige de trouver des solutions à de nombreux défis, notamment la variabilité climatique. Il a fait remarquer que le pourcentage de terres irriguées en Afrique n'excède pas 6 %, ce qui rend les cultures agricoles vulnérables à l'imprévisibilité croissante des précipitations.

Il a également noté que la faible productivité de l'agriculture africaine est liée à plusieurs facteurs, dont l'accès limité à des intrants agricoles de qualité, une mécanisation insuffisante, le manque d'infrastructures de stockage adéquates et la disponibilité limitée de terres arables malgré leur immensité.

Il a expliqué que cette table ronde témoigne de la volonté commune de faire du secteur agricole un moteur de développement et de prospérité en Afrique, conformément à la vision de l'Union africaine, aux cadres de politique agricole et à l'Agenda 2063. Il a insisté sur la nécessité d'une transformation radicale du secteur agricole afin qu'il devienne un moteur d'industrialisation globale, et non un simple moyen de subsistance.

Il a ajouté que la Déclaration de Malabo et le Plan d'action pour la fertilité des sols incarnent l'engagement de l'Union africaine à mobiliser les pays africains afin de tripler les échanges intra-africains de produits agricoles et de renforcer la résilience collective face aux chocs climatiques.

Évoquant les priorités, le Président a insisté sur la nécessité de se concentrer sur trois défis majeurs. Le premier consiste à mobiliser l'expertise internationale, notamment par une coopération renforcée avec la France et l'Europe en matière de recherche, de formation et d'innovation, afin de contribuer au développement des chaînes de valeur agricoles et de garantir la souveraineté alimentaire et la qualité nutritionnelle des produits.

Il a expliqué que le deuxième défi consiste à explorer les moyens d'attirer les acteurs professionnels du secteur agricole et à mobiliser les ressources financières nécessaires pour soutenir l'entrepreneuriat dans la transformation des produits agricoles, garantissant ainsi une agriculture productive et durable.

Concernant le troisième défi, le Président a précisé qu'il s'agit de tirer parti des solutions d'avenir pour améliorer les pratiques agricoles locales et soutenir des initiatives essentielles, telles que la Grande Muraille Verte, renforçant ainsi la résilience du continent africain.

En conclusion de son intervention, Son Excellence le Président de la République a exprimé sa conviction que les discussions tenues autour de la table ronde contribueraient à l'élaboration de solutions pratiques qui aideraient l'Afrique à bâtir un secteur agricole plus durable et résilient.

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